"L'homme qui a bâti de toutes pièces l'Open de tennis d'Orléans"
2005
Cet ancien directeur de promotion chez Fila s'est dévoué corps et âme pour mettre en place cet événement en quelques mois. La récompense est à la hauteur de ses efforts. "J'ai pensé à monter ce Challenger à Orléans car c'est une ville qui ne dispose d'aucune équipe de sport en première division, que ce soit en football, en basket ou en volley-ball. Evidemment, les acteurs économiques de la région étaient plus disponibles. Et de ce côté là, nous avons réussi presque au-delà de nos espérances."
"La plupart souhaite même que le tournoi prenne de l'ampleur dès l'an prochain".
~~~~~~~~~~~~~~~~~
Entretien avec Didier GERARD (La République du Centre 10-11 septembre 2005)
Un problème à peine résolu, un autre survient. Quand vous n'êtes pas sollicité à droite ou à gauche, ou interrompu par le téléphone. Vous n'arrêtez pas ?
Ce n'est pas l'enfer, non parce que c'est plaisant. Mais c'est la course, oui ! ...
Ce tournoi est-il le premier que vous organisez ?
J'organise des choses depuis 15 ans, dans différents métiers : des repas, des tournois de tennis dans mon club ... je ne suis donc pas dépaysé. Ce que je découvre, en revanche, c'est de travailler 20 heures par jour. Je vis mon rêve : je m'endors avec mes idées, je me réveille avec ! ... En tout cas, cela faisait longtemps que j'avais envie de réunir mes passions : le tennis, la gastronomie, le champagne. Là, je ne peux pas faire mieux !
Pourquoi Orléans ? N'y avait-il pas d'autre villes qui étaient intéressées, ou qui vous intéressaient vous ?
Pourquoi Orléans ? Parce qu'il n'y a pas une équipe de Ligue 1 de football, une éuipe de ProA de basket, une équipe de rugby du Top14. Parce que le palais des sports, avec 3 200 places dans sa configuration tennis, est une salle superbe, et de bonne taille. Parce que la ville est située à une heure d'Orly et de Roland-Garros. Parce que la mairie était partante pour créer un évènement d'ampleur internationale. Parce que la puissance économique d'Orléans est de tout premier ordre ; en 5 mois - alors que normalement, douze à dix-huit sont nécessaires, et alors que tous les budgets sont arrêtés en fin d'années -, on a réuni un budget important. Je n'ai pas à faire de choix avec d'autres villes : en deux mois, j'ai obtenu une réponse définitive.
En terme de calendrier, qu'est-ce que vous a poussé à glisser le tournoi en ce début septembre ?
Le palais des sports, toute la saison, est occupé par l'Entente, l'équipe de Basket qui évolue en ProB : l'Open ne pouvait qu'avoir lieu avant ou après la saison. Pendant ? Il y a la période de Noël, mais on tombe en plein les Internationaux d'Australie. C'était donc après l'US Open, ou rien d'autre ! Or ça tombe plutôt bien, d'une part parce que les Français ont fait un bon tournoi, et d'autre part parce que 70% des cent premiers joueurs de l'ATP étant Européens, ils n'ont qu'une envie après un mois passé aux Etats-Unis : rentrer sur le continent.
Vous évoquez l'infrastructure du palais des sports. Telle qu'elle est aménagée, la grande salle est magnifique ; mais vous avez dû vous répandre dans les étages.
C'est une chance qu'il y ait de nombreuses salles pour installer les 3 restaurants, le bar à champagne aussi. Mais ce qui manque cruellement, c'est une assurance et un monte-charge. C'est un surcoût de 30% sur toutes les factures !
(...)
Est-ce difficile de convaincre un joueur comme Fabrice Santoro de venir sur un tournoi challenger, une première de surcroît ?
Pas tellement. Mais j'ai commencé à évoquer le tournoi avec lui en avril, à Monte-Carlo. Puis il y a eu une piqûre de rappel à l'occasion de Roland-Garros et enfin un coup de fil alors qu'il était à l'US Open ...
Le fait que vous ayez vous-même été joueur facilite-t-il les contacts ?
Je fais partie de la famille tennis. J'ai été joueur, puis directeur promosport pour siverses société (...). Tous les joueurs présents, à l'exception de Michael Llodra, ont signé un contrat avec moi à un moment ou à un autre. Evidemment, ils me connaissent. On verra le 19 si je suis aussi bon directeur de tournoi que directeur promotion sport !
Parce que l'Open de tennis d'Orléans doit perdurer.
Ce tournoi est pérenne. Martine Grivot (adjointe au maire d'Orléans, en charge du sport) m'a déjà parlé de 2006. Si j'ai travaillé comme un fou pendant 6 mois dessus, ce n'est pas pour une semaine !
Propos recueillis par Pascal Bourgeais.
*****************
2006
"Le Village a été agrandi et son décor amélioré. La climatisation y a été installée. Des écrans plasma ont permis de suivre les scores des matches. Un radar a été installé sur le court. Nous avons servi 2 600 menus "prestige" au cours de la semaine, contre 1 400 l'an passé. Champagne et gastronomie ont été à l'honneur. Dans tous les domaines, nous avons progressé. Je peux déjà annoncer qu'en 2007, nous passerons à une dotation de 100 000 dollars, et peut-être de 125 000 dollars en 2008. Joueurs et partenaires sont ravis. Nous avons l'avantage d'être un tournoi familial et professionnel à la fois, grâce à nos bénévoles. Sans forfanterie, nous n'avons rien à envier à un tournoi du circuit principal."
La possible création d'Orléans TV en 2007 pourrait être un plus, espérait Didier Gérard. Nous avons plein d'idées en tête. A moyen terme, pourquoi ne pas accueillir une rencontre de Coupe Davis ? Le Palais des Sports fait 3 200 places. Et puis le maire, s'il est réélu, a promis de bâtir une salle de 12 000 places... Ce qui est sûr, c'est que les joueurs sont ravis de venir ici. Et c'est déjà une belle victoire." Une preuve ? "Olivier Rochus nous a remerciés. Quand il a su que nous lui avions réservé une suite à l'hôtel, il nous a dit qu'il voulait une chambre comme les autres... La classe."
~~~~~~~~~~~~~~~~~
Entretier avec Didier Gérard (La République du Centre 9-10 septembre 2006)
Didier Gérard, nous sommes à quelques heures du lancement officiel de l'Open de tennis d'Orléans. Comment se présente cette deuxième édition ?
Finalement, nous sommes aussi occupés que l'an passé à la même époque. C'est la même effervescence. Si ce n'est plus ...
On aurait pu penser que l'on aurait vécu une deuxième édition plus calme au niveau de l'organisation. Mais comme on a décidé de mettre en place beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de choses ...
(...)
L'an passé, pour la 1er édition, vous aviez réussi à attirer quelques-uns des meilleurs joueurs français. Le plateau de cette édition 2006, plus cosmopolite, vous satisfait-il ?
Bien sûr même si'il s'inscrit dans une autre logique. Par le biais d'une wild-card, on a réussi à faire venir le Belge Olivier Rochus, n°30 mondial. C'est une belle performance en soi. S'il se plaît à Orléans, cela ne pourra avoir que des retombées positives pour notre tournoi. D'autres pourraient l'imiter à l'avenir.
Comment, en fait, qualifier l'Open d'Orléans ?
Tout d'abord, notre vocation est de faire découvrir des joueurs. L'an passé, qui connaissait le chypriote Marcos Baghdatis ? On voit le chemin qu'il a parcouru depuis : un 1/4 de finale à Roland-Garros et une 8ème place au classement ATP (ndlr : il a aussi fait une finale à l'open d'Australie !!!).
Notre but est aussi de relancer des joueurs plus anciens. Ce sera la cas cette année de Hicham Arazi et Younes El Aynaoui, qui ont porté les couleurs du Maroc en Coupe Davis. Sans doute, n'occupent-ils plus aujourd'hui la place au classement ATP qu'ils ont déjà occupée par le passé. Mais si physiquement ils sont bien, ces deux-là, je vous l'assure, peuvent se montrer très dangereux. Et puis les voir jouer, c'est toujours un régal.
Propos recueillis par Christine Broudic.
*****************
2007
Entretien avec Didier Gérard (La République du Centre 8-9 septembre 2007)
(...)
Au niveau sportif, comment voyez-vous cet Open 2007 ?
C'est un tournoi complètement ouvert. (...) Sportivement, je souhaite que cet Open donne lieu à des rencontres disputées. Je souhaite aussi que, dans les tribunes, les entreprises et leurs clients passents de bons moments et fassent des affaires. Cela aussi, c'est très important.
L'Open d'Orléans est-il arrivé aujourd'hui arrivé à maturité ?
On dit qu'il faut 3 ans pour faire le tour d'un tournoi, notamment concernant sa mise en place. Aujourd'hui nous sommes encore dans l'action. L'an prochain, ce sera le temps de la réflexion...
C'est-à-dire ?
Le temps de la réflexion servira à améliorer certains détails. Nous progressons tous les ans. Cette année, le public pourra découvrir un décor vraiment superbe. Et puis, l'accès aux tribunes du palais des sports sera mieux encadré. (...) Il ne s'agit pas de tout révolutionner. Il s'agit d'apporter des modifications au fur et à mesure, tous les ans. Cela nous permettra ainsi de mieux faire face aux imprévus. (...)
L'Open d'Orléans ne serait rien sans les bénévoles...
C'est vrai. Hommage donc aux 125 bénévoles, aux 30 juges de lignes, aux 6 arbitres, aux 30 ramasseurs de balles. Hommage aussi au personnel du service technique de la ville qui effectue un travail formidable.
Propos recueillis par Laurent Coursimault.
°°°°°°°°°°°°°°°°°
"On a senti à Orléans qu'on était vraiment les bienvenus" A. Clément (La République du Centre 21 septembre 2005)
"Un grand bravo à Didier GERARD : le terrain, le transport, l'hôtel, les kinés, du monde sur les 2-3 derniers jours... On a été sensible à tout ça. Ce n'est jamais évident de lancer un tournoi "challenger". On espère tous qu'il sera reconduit... Et que la dotation sera encore plus importante !" C. Saulnier (La République du Centre 19 septembre 2005).